Ngandanjika : Le bac Kalelu, une traversée à haut risque entre la Lomami et le Kasaï-Oriental

La traversée du bac Kalelu, reliant les provinces de la Lomami et du Kasaï-Oriental, devient de plus en plus périlleuse. En direction de Kasansa, une partie du bac est presque entièrement immergée dans l’eau, rendant le passage difficile et risqué pour les usagers.

Un mototaximan, qui emprunte quotidiennement cette voie, témoigne de la gravité de la situation :

« Le bac est abîmé depuis plusieurs mois. L’eau entre dans les chambres et chaque traversée devient un risque », explique-t-il.

Selon lui, cette dégradation progressive expose aussi bien les passagers que les conducteurs à des accidents graves.

Face à cette situation préoccupante, un autre taximan lance un appel pressant aux autorités :

« Nous demandons aux autorités de la Lomami et du Kasaï-Oriental d’agir rapidement. Ce bac est vital pour nous », plaide-t-il.

Mais comment en est-on arrivé à ces longs mois sans réparation ? D’après les informations recueillies, le bac Kalelu, construit et mis en service par Enabel, était auparavant géré de manière mixte par les chefferies de Bakua Mulumba et de Bakua Kalonji, riveraines des deux rives. Cette gestion s’appuyait sur un intermédiaire financier, le projet Ditunga, qui réservait une part importante des recettes à l’entretien du bac.

Ce mode de gestion a toutefois été supprimé par les autorités provinciales de la Lomami et du Kasaï-Oriental, une décision que le grand chef de la chefferie de Bakua Kalonji, Ladislas Kadima Kabengele Ngeleka Kanguvu IV, dit ne pas comprendre.

« Je ne comprends pas comment un bac qui génère des recettes peut se retrouver dans un tel état », s’interroge-t-il, reçu à son domicile de Cinanu.

Pour remédier à cette situation, le chef coutumier propose un retour à l’ancien mode de gestion, qu’il juge plus efficace :

« L’ancien système permettait de garantir l’entretien régulier du bac », affirme-t-il.

De leur côté, des gestionnaires du bac, s’exprimant sous couvert d’anonymat, se veulent rassurants :
« Les matériaux pour la réparation sont déjà disponibles et les travaux pourraient débuter avant la fin du mois de janvier », confient-ils.

En attendant ces travaux annoncés, l’urgence demeure. Chaque traversée du bac Kalelu continue d’exposer des vies humaines à un danger réel, sur cet axe stratégique reliant la Lomami au Kasaï-Oriental.

Michel Cyala/ correspondant

Loading