
Une mission de l’Inspection Générale des Finances (IGF), arrivée à la fin de son contrôle au Kasaï-Oriental, a mis en lumière de nombreuses irrégularités dans la gestion des finances publiques de la province. Le rapport, rendu public, épingle notamment la gestion des 3 millions de dollars américains de subvention du gouvernement central, des 100 000 USD octroyés par le ministère de l’Économie, ainsi que l’ensemble des dépenses de fonctionnement et d’investissement réalisées entre 2024 et 2025.
Des écarts financiers inquiétants
L’IGF a constaté un écart d’environ 8 683 147 800 CDF entre les montants transférés du Trésor public au gouvernement provincial et ceux repris dans le rapport d’expédition des comptes de la province. Cette différence, jugée préoccupante, alimente les soupçons d’une mauvaise traçabilité des fonds destinés au développement de la province.
Une comptabilité mal tenue
Selon les enquêteurs, le livre de caisse du comptable principal n’était pas régulièrement mis à jour. À la date du 12 août 2025, la dernière opération enregistrée remontait à fin juin 2025, soit plus d’un mois et demi sans mouvement comptable officiel. Une telle situation viole les règles élémentaires de transparence et de bonne gouvernance financière.
Le non-respect du circuit de la dépense
Le rapport souligne également que le circuit normal de la dépense ainsi que les règles de passation des marchés publics ne sont pas toujours respectés par les autorités provinciales. Plusieurs paiements effectués par banque n’auraient pas suivi la procédure requise, exposant ainsi la province à des pratiques opaques et à des risques de détournement.
Des marchés attribués de manière irrégulière
Parmi les cas relevés figure l’attribution du marché public à l’entreprise KOKA. Selon le rapport, cette société a bénéficié d’un premier paiement avant même l’attribution formelle du marché, une pratique jugée contraire aux lois et règlements en vigueur.
En attente de la réaction du Gouverneur
À ce stade, l’IGF indique attendre les réactions officielles du gouverneur du Kasaï-Oriental face à ces observations. L’opinion publique, déjà préoccupée par la lenteur des projets de développement dans la province, scrute avec attention la suite de ce dossier sensible.
L’affaire des 3 millions USD de subvention constitue un point particulièrement délicat. Ces fonds, censés appuyer la relance socio-économique de la province, sont aujourd’hui au centre d’un débat houleux sur leur utilisation effective.
Le rapport de l’IGF devrait relancer le débat sur la gestion transparente des fonds publics et rappeler aux autorités provinciales l’impératif de rendre compte aux citoyens de chaque franc congolais dépensé.
Augustin Lumbala et Elie TSHIMPANGA
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