
Vingt-cinq ans après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, alors président de la République démocratique du Congo, les circonstances exactes de sa mort demeurent entourées de nombreuses zones d’ombre. En ce jour de commémoration nationale, cette affaire continue de susciter interrogations, débats et lectures divergentes au sein de l’opinion publique congolaise.
À l’occasion de ce 25ᵉ anniversaire, Radio Ditunga de Ngandanjika s’est entretenue avec Kapyto Kitumbika Ntambwe, politologue et chef de travaux à l’Université de Kabinda (faculté des sciences politiques). Pour cet analyste, les enquêtes et le procès organisés après l’assassinat n’ont pas permis de faire toute la lumière sur ce drame historique.
« Le procès n’a pas été une réussite, parce que l’enquête n’a jamais atteint les véritables commanditaires de l’assassinat », affirme-t-il.
Selon lui, les circonstances de la mort de Laurent-Désiré Kabila restent floues, notamment en raison de l’absence de témoignages crédibles et complets.
« Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a donné un témoignage clair et véridique sur ce qui s’est réellement passé le jour de sa mort », souligne Kapyto Kitumbika Ntambwe.
Cette commémoration intervient dans un contexte national marqué par des débats persistants sur l’infiltration au sein des Forces armées de la RDC. Une situation que certains analystes relient aux choix opérés lors de la prise du pouvoir en 1997, notamment le recours à des combattants étrangers. Malgré ces critiques, le politologue plaide pour une reconnaissance de l’héritage politique de l’ancien chef de l’État.
« Au-delà de ces accusations, il faut reconnaître le rêve qu’il portait pour le Congo. Son projet de souveraineté et de dignité nationale justifie que sa mémoire continue d’être honorée », soutient-il.
Vingt-cinq ans après sa disparition, entre héritage politique, zones d’ombre persistantes et défis sécuritaires actuels, la figure de Laurent-Désiré Kabila demeure centrale dans les réflexions sur l’histoire récente et l’avenir de l’État congolais.
Cyala Bengankuna, Correspondant
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