Mwene-Ditu/ Marche de l’UDPS : Humberto Bukasa dénonce une ville paralysée, Jean-Claude Lubamba Mutombo et Gérard Tshibanda réfutent toute contrainte

La marche organisée à Mwene-Ditu en soutien aux institutions de la République et au président Félix Tshisekedi continue de susciter des réactions. Quelques heures après cette mobilisation, deux lectures différentes se dégagent autour de son impact sur les activités de la ville et de la participation de la population.

Dans un éditorial, le coordonnateur adjoint de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), maître Humberto Bukasa, a exprimé ses réserves sur la conduite de la manifestation. Il affirme que plusieurs activités ont été perturbées avant et pendant la marche, notamment dans les écoles, les marchés et les services publics.

Selon lui, une mobilisation politique portée par l’Union sacrée ne devrait pas être confondue avec une action de l’État. Il estime que l’Union sacrée devait mobiliser ses militants et sympathisants, tandis que la mobilisation de l’ensemble de la population sur une question nationale devrait relever du gouvernement.

Maître Humberto Bukasa s’interroge également sur la situation des opérateurs économiques ayant interrompu leurs activités durant la manifestation, alors que les services de l’État poursuivent ensuite la perception des taxes.

Une lecture différente est toutefois défendue par Jean-Claude Lubamba Mutombo, ancien député provincial élu de Mwene-Ditu et ancien vice-gouverneur de la Lomami. Réagissant aux propos de la société civile, il rappelle que des situations similaires avaient été observées lorsque l’UDPS était dans l’opposition et appelait à des manifestations.

Pour lui, la fermeture temporaire d’un commerce, l’absence d’un agent à son poste ou la participation d’un citoyen à une marche ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une contrainte. Il soutient que les commerçants, agents de l’État, écoles, églises et autres citoyens étaient libres de participer ou non à la mobilisation.

Jean-Claude Lubamba estime par ailleurs que la perception des taxes après la manifestation relève du fonctionnement normal de l’administration et ne devrait pas être présentée comme une contradiction avec la participation à une marche.

De son côté, le maire de Mwene-Ditu a également rejeté l’idée d’une quelconque contrainte. Dans une interview, il a affirmé que les personnes ayant fermé leurs activités l’avaient fait, selon lui, au nom du patriotisme.

Au-delà de ces positions divergentes, le débat porte ainsi sur deux questions : l’impact d’une mobilisation politique sur les activités socio-économiques de la ville et la manière d’apprécier la participation des citoyens à une manifestation organisée par une plateforme politique.

Alain Bingila

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