
Le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a annoncé mardi devant le Sénat la suppression du « permis de culte », jugé sans fondement légal. Il a également présenté un plan de redressement du Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Répondant à une question du sénateur Clément Muya Muboyayi, le ministre a rappelé que la liberté de religion est garantie en RDC et ne peut être soumise à une autorisation administrative. Selon lui, seule la reconnaissance légale des confessions religieuses via la personnalité juridique reste exigée. Il a dénoncé les frais imposés en 2024 aux responsables religieux, les qualifiant de perceptions illégales assimilables à un détournement de fonds publics. Une cellule de réception des plaintes sera mise en place afin de mettre fin à ces pratiques.
S’agissant du FRIVAO, créé pour exécuter les réparations décidées par la Cour internationale de Justice, le ministre a évoqué de graves dysfonctionnements. Sur près de 195 millions USD disponibles, seulement 28 millions auraient été versés. Le nombre de bénéficiaires aurait également été fortement revu à la hausse, passant d’environ 3.000 à plus de 14.000, laissant soupçonner des irrégularités.
Le Gouvernement prévoit un assainissement financier et organisationnel, un audit indépendant des bénéficiaires ainsi que la mise en place de procédures transparentes. Parmi les premières mesures figurent la suspension de certains responsables et la réorganisation de la gestion du fonds.
La reprise des indemnisations se fera progressivement, en commençant par des paiements collectifs avant de passer aux indemnisations individuelles après vérification du fichier. Les autorités entendent également mobiliser de nouvelles ressources, notamment issues du secteur minier, afin de renforcer la capacité du fonds.
Sylvain Fizé Mukadi
![]()