
À Kigali, des familles de soldats rwandais décédés lors des combats en République démocratique du Congo (RDC) affirment être empêchées par l’État de rendre publiques leurs cérémonies de deuil.
Selon plusieurs témoignages recueillis, notamment la Deutsche Welle, dont celui d’un jeune homme ayant perdu son frère sur le front congolais, les autorités militaires auraient organisé les enterrements en imposant le secret aux proches. Au cimetière militaire de Kanombe (dans la capitale rwandaise), la famille aurait été avertie de ne pas communiquer sur les circonstances du décès.
« Après l’enterrement, on nous a dit de garder cela secret », raconte ce témoin.
Un autre membre de sa famille aurait été profondément traumatisé par l’événement, au point d’être pris en charge dans un centre psychiatrique.
D’autres familles confient ne même pas avoir été informées officiellement de la mort de leurs proches. Dans certains cas, elles auraient appris le décès par des camarades du défunt ou par des messages circulant sur les réseaux sociaux.
Selon ces témoignages, le gouvernement propose une compensation financière d’environ deux millions de francs rwandais (soit environ 1 160 €) aux familles des militaires tombés au combat, sans toutefois permettre une expression publique du deuil.
La guerre en RDC, notamment dans l’est du pays, s’inscrit dans un contexte de conflit prolongé entre les forces congolaises et des groupes armés, dont le mouvement rebelle M23. Ce dernier, soutenu par l’armée rwandaise, a relancé les hostilités en capturant plusieurs villes clés, entraînant des combats intenses et des pertes humaines importantes.
La question des morts militaires rwandais en RDC reste sensible et peu documentée officiellement, alors que des enquêtes indépendantes et des familles endeuillées dénoncent ce qu’elles décrivent comme un silence imposé par les autorités.
Élie Tshimpanga
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