Lomami : Le Gouverneur Iron-Van Kalombo met fin au bras de fer entre la mairie et la Radio Nsenda Muanda

L’atmosphère était à la fois solennelle et tendue ce samedi à Mwene-Ditu. En visite dans la ville, le Gouverneur de la province de Lomami, Maître Iron-Van Kalombo, a pris les devants pour mettre un terme à un conflit qui enflammait les milieux médiatiques et politiques locaux : la fermeture controversée de la Radio Nsenda Muanda (RSM).

Fermée il y a quelques semaines par décision du maire pour des accusations graves – incitation à la haine tribale et à l’incivisme fiscal – la radio communautaire voyait son avenir menacé. Mais c’était sans compter sur l’intervention du numéro un provincial.

Face à une salle remplie d’autorités provinciales et urbaines, de journalistes, de représentants du CSAC et de l’UNPC, le gouverneur a opté pour un ton de réconciliation ferme mais apaisant.

« Je ne suis pas venu ériger un tribunal ici, mais pour ériger les parties en conflit. Vous êtes obligés de vivre ensemble », a-t-il lancé, dans un discours qui a résonné comme un appel à la maturité collective.

Tout en autorisant la réouverture immédiate de la Radio Nsenda Muanda, le gouverneur n’a pas mâché ses mots à l’égard des professionnels des médias. Il a rappelé la nécessité de respecter les règles d’éthique et de déontologie journalistiques, et de s’éloigner de toute forme de discours haineux ou clivant.

« C’est la dernière fois que j’interviens dans ce genre d’affaires. Si ça revient, chacun devra assumer ses responsabilités », a-t-il averti, laissant clairement entendre que les erreurs du passé ne seront plus tolérées.

Iron-Van Kalombo a également interpellé les instances de régulation, UNPC et CSAC, les appelant à jouer pleinement leur rôle de gardiens de la qualité et de la responsabilité dans l’espace médiatique.

En ordonnant la réouverture de la station, tout en prônant le dialogue et la tolérance, le gouverneur envoie un message clair : la liberté de la presse est un pilier de la démocratie, mais elle ne peut se construire au détriment de la paix sociale.

La Radio Nsenda Muanda reprend donc ses activités, mais sous surveillance morale : celle d’un public exigeant, d’autorités vigilantes, et d’une communauté qui attend désormais un journalisme constructif.

Élie Tshimpanga

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