
L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, est sorti de son silence ce mardi pour dénoncer ce qu’il qualifie de « persécution politique » et d’« instrumentalisation de la justice » en République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique, le prédécesseur de Félix Tshisekedi affirme que la levée de ses immunités par le Sénat en mai dernier est « illégale et inconstitutionnelle ». Cette décision a ouvert la voie à des poursuites judiciaires contre lui pour des accusations de trahison, crimes de guerre, meurtre, viol, torture et complicité avec des groupes armés, notamment l’AFC/M23.
Joseph Kabila rejette en bloc ces charges, qu’il qualifie de « mensongères » et « politiquement motivées ». « Ce procès n’a rien à voir avec la justice : il s’agit de réduire l’opposition au silence et d’écarter un acteur politique majeur de la scène nationale », affirme-t-il.
L’ancien chef de l’État se dit inquiet pour l’avenir du pays, estimant que la gouvernance actuelle « témoigne d’une crise plus profonde de leadership, de justice et d’orientation nationale ». Il appelle à mettre fin aux dérives qu’il associe à une volonté du régime en place de « régner sans partage et indéfiniment ».
Pour rappel, Joseph Kabila avait quitté le pouvoir en janvier 2019 après 18 ans à la tête du pays. Depuis, il est resté une figure influente de la scène politique congolaise, tout en faisant face à de vives critiques et à des accusations récurrentes liées à sa gestion passée.
La dernière audience dans le procès contre Joseph Kabila a eu lieu le 21 août dernier. La Haute cour militaire, se disant suffisamment éclairée, a promis de se prononcer dans le délai légal.
Elie TSHIMPANGA
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