
La douleur, l’indignation et la solidarité ont réuni, ce vendredi à Kabinda, les avocates et avocats du Barreau de Lomami. Revêtus de leurs toges noires, ils ont marché pacifiquement jusqu’au Gouvernorat de province pour dénoncer les traitements inhumains et dégradants infligés à leur confrère, Me Alain Mbalayi, du Barreau du Kasaï Oriental.
Encadrée par la Police nationale congolaise, la marche est partie de la Place Sainte-Marie de Kajiba avant de chuter au bâtiment du Gouvernorat. À la tête du cortège, le bâtonnier Didi Kikangala, représenté pour la circonstance par le secrétaire de l’ordre maître Rombeau Yakitambo et plusieurs membres du conseil de l’Ordre ont porté la voix d’un corps professionnel profondément meurtri.

Devant l’autorité provinciale, les hommes et femmes en robe noire ont exprimé leur consternation face à des actes qu’ils jugent incompatibles avec les principes de l’État de droit.
Selon Me Rombeau Yakitambo, secrétaire du Barreau et représentant du bâtonnier Didi Kikangala, l’incident à l’origine de cette affaire serait survenu à la suite d’un banal accrochage.
« Pour la petite circonstance, l’avocat en question a subi ce traitement humiliant alors qu’il effectuait des manœuvres avec son véhicule qui, par inadvertance, a piétiné l’enveloppe déjà usée du pneu de cet officier de l’armée. Ce dernier a alors ordonné à ses éléments de s’en prendre à cet avocat, malgré les excuses et le pardon qu’il avait présentés », a-t-il expliqué.»
Pour le Barreau, rien ne saurait justifier que des violences, des humiliations ou des menaces soient exercées contre un citoyen, encore moins contre un auxiliaire de justice dans l’exercice de ses droits.
Réagissant à cette mobilisation pacifique, le Gouverneur de province de Lomami, Iron-Van Kalombo Musoko, lui-même avocat au Barreau du Kasaï Oriental, a salué le sens de responsabilité dont ont fait preuve les manifestants. Il a promis de transmettre leur mémorandum non seulement à son collègue du Kasaï Oriental mais aussi au commandant Suprême des FARDC, le Chef de l’État Félix Tshisekedi Tshilombo.
Au-delà du cas de Me Alain Mbalayi, cette manifestation aura été l’expression d’une solidarité corporative et un appel à la protection des libertés fondamentales. Pour les avocats, le respect de la dignité humaine et de l’indépendance de leur profession demeure une exigence non négociable dans un État qui se veut de droit.
Sylvain Fizé Mukadi
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