Lomami: Question d’actualité du député Cyril Ngoyi Sulu, le ministre de l’EPST présente les éléments d’explication

L’Assemblée provinciale de Lomami a tenu, ce mercredi 10 décembre 2025, une séance plénière consacrée à l’examen de la question d’actualité adressée au ministre provincial en charge de l’Éducation, Lébon Mpanya.

La plénière, présidée par le vice-président de l’Assemblée, l’honorable Hippolite Kabango Mbuila, a permis au ministre d’apporter des éclaircissements sur la perception controversée de 1.500 francs congolais destinés à la construction du bâtiment administratif de la Division de l’EPST/Lomami 2.

La question, initiée par le député provincial Cyril Ngoyi Sulu, comportait sept sous-questions centrées sur la légalité de la perception, le montant collecté, la non-exécution des travaux, la transparence des opérations, les sanctions en cas de détournement, la charge imposée aux parents ainsi que les effectifs scolaires de la province.

Une reprise basée sur des recommandations antérieures

Dans son exposé, le ministre Mpanya est revenu sur les recommandations formulées par l’Assemblée provinciale lors d’une précédente interpellation en novembre 2024, ainsi que sur les conclusions de la Commission socio-culturelle et de la Revue annuelle des performances (RAP).

Selon lui, la reprise des travaux de construction avait été encouragée par les élus eux-mêmes, au regard des efforts déjà consentis par les parents et de l’importance communautaire du projet.

Un flou persistant autour des montants perçus

Interrogé sur le montant total collecté lors de la première opération, le ministre a indiqué ne disposer d’aucun rapport administratif fiable, les faits étant antérieurs à sa prise de fonction.

Il a souligné que sous le mandat précédent, la gestion des fonds aurait été opaque, centralisée entre les mains du PROVED sortant, Muller Mulenda, actuellement recherché par les services de sécurité pour éclairer cette gestion.

Les documents de remise et reprise n’ayant pas retracé les montants liés à cette perception, seuls de faibles soldes bancaires d’environ 650.000 FC cumulés ont été constatés, montants jugés insignifiants au regard d’un projet de construction.

Des travaux stoppés faute de gestion claire

Le ministre a expliqué que les travaux s’étaient limités à la fondation et à quelques lignes de murs. Faute de rapports techniques et financiers, aucune justification officielle n’a pu être établie quant à l’arrêt brutal du chantier.

Des garanties pour une gestion transparente

Pour répondre aux inquiétudes des députés, Lébon Mpanya a doublé une série de mesures visant à renforcer la transparence dans la reprise du projet, notamment :

  • la création d’un compte bancaire dédié, avec double signature obligatoire ;
  • la mise en place d’un comité de gestion indépendant, incluant l’Éducation, la société civile éducative et un expert financier ;
  • des audits trimestriels pour contrôler l’utilisation des fonds ;
  • des visites techniques régulières associant députés et comité de suivi.

Ces mécanismes, selon le ministre, garantiront que chaque franc perçu serve exclusivement à la construction du bâtiment administratif.

Contribution des parents : un effort communautaire selon le ministre

À la question du caractère acceptable ou non de solliciter des parents déjà démunis, le ministre a justifié cette démarche par la dimension communautaire de l’école. Il a cité l’exemple d’autres provinces où des infrastructures éducatives ont vu le jour grâce au soutien des communautés locales, tout en reconnaissant que l’État demeure le principal garant des conditions scolaires.

Effectifs scolaires : plus de 719.000 élèves en 2025

Le Ministre a enfin présenté les statistiques provinciales, indiquant que la province de Lomami compte 719.477 élèves toutes catégories confondues, dont :

  • 291.768 au secondaire ;
  • 378.927 au primaire public ;
  • 23.829 au primaire privé ;
  • 24.953 à la maternelle ;
  • 34.277 finalistes de 4e secondaire ;
  • 54.338 finalistes de 8e.

Il a expliqué les variations observées par les effets des conflits locaux et la rigueur administrative dans la gestion des examens TENASOSP.

Clôturant son intervention, le ministre provincial de l’EPST a assuré les députés de sa volonté de collaborer pleinement avec l’Assemblée provinciale afin de garantir la transparence dans la gestion du secteur éducatif. Il a exprimé l’espoir que les réponses fournies permettront d’éclairer les élus et de relancer, dans les meilleures conditions, le projet de construction du bâtiment administratif de Lomami 2.

Signalons qu’après avoir entendu les interventions d’autres députés présents à la plénière, lesquels se sont dits sidérés par la légèreté du ministre, Lébon Mpanya Mumpevile a finalement été invité à regagner son cabinet, mettant ainsi fin à ce contrôle parlementaire.

Sylvain Fizé Mukadi

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