
C’est avec un ton grave et déterminé que le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est exprimé à la tribune des Nations unies ce mardi. Face aux représentants du monde entier, il a lancé un appel fort, qualifiant la situation dans l’est de son pays de « génocide », dénonçant plus de trois décennies de violences meurtrières et de pillages systématiques.
«C’est un génocide qui frappe le peuple congolais depuis plus de 30 ans», a déclaré le président Tshisekedi, insistant sur la gravité et la persistance du conflit qui déchire la RDC.
Évoquant un monde secoué par des crises multiformes, le chef de l’État congolais a souligné que l’agression armée, l’exploitation illégale des ressources naturelles et le pillage organisé ne connaissent pas de frontières et n’épargnent aucun peuple.
« Les conflits armés qui durent depuis 30 ans en RDC s’est muée en entreprises prédatrices. Elles visent à piller les ressources, effacer notre mémoire collective et détruire nos communautés.
Les conséquences qui en découlent sont nombreuses : des familles décimées, +- 7 millions des morts, femmes et enfants pris pour cibles, villages rayés de la carte, des générations sacrifiées ».
Son discours intervient dans un contexte de tensions croissantes dans la région du Kivu, où les affrontements entre les forces armées congolaises et les groupes armés, notamment le M23 soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, se sont intensifiés ces derniers mois. Le président congolais a, une fois de plus, appelé la communauté internationale à prendre ses responsabilités face à cette tragédie humanitaire.
Le ton ferme de Tshisekedi à l’ONU reflète la volonté de son gouvernement de porter la voix des millions de Congolais victimes d’une guerre oubliée, et de faire reconnaître, sur la scène internationale, l’ampleur du drame qui se joue dans les provinces de l’est.
Serge KABULU
![]()