
La répression contre la presse s’intensifie dans l’Est de la RDC. Ricardo Olenga, journaliste collaborant avec la radio communautaire Kako FM, a été arrêté ce samedi à Goma par les services de renseignement du mouvement rebelle AFC-M23, qui contrôle actuellement la ville.
Selon plusieurs sources locales concordantes, cette arrestation ferait suite à la publication d’une vidéo sur la chaîne YouTube de la radio. Dans cet enregistrement, une habitante de Goma témoigne des difficultés quotidiennes vécues par la population depuis l’installation des rebelles. Elle y dénonce notamment des cas d’enrôlement forcé de jeunes dans la rébellion en vogue dans les zones contrôlées par le M23.
L’arrestation de Ricardo Olenga intervient dans un contexte où la liberté de la presse est de plus en plus menacée dans les régions occupées par les forces rebelles. Depuis la prise de Goma et Bukavu par l’AFC-M23, plusieurs journalistes ont été arrêtés, intimidés ou contraints de collaborer avec le régime imposé par les rebelles.
Au moins un journaliste a été tué à Bukavu depuis le début de l’année, et des nombreux autres vivent sous la menace constante de représailles. Certains médias locaux ont suspendu leurs activités par crainte de représailles.
L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) et l’ONG Journaliste en danger (JED) ont été saisies de l’affaire et assurent suivre la situation de près. De leur côté, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une « censure systématique » dans les territoires sous contrôle de l’AFC-M23.
« Les journalistes sont réduits au silence par la peur, les menaces et les arrestations arbitraires », affirme RSF dans un communiqué récent.
Plusieurs voix s’élèvent pour exiger la libération immédiate et sans condition de Ricardo Olenga, rappelant que le journalisme n’est pas un crime. Des appels sont également lancés à la communauté internationale pour qu’elle mette la pression sur les groupes armés responsables de ces violations flagrantes de la liberté d’expression.
Serge KABULU
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